Le monde du placement au Canada est rempli de mythes et légendes difficiles à distinguer de la réalité. Pas convaincu? Essayez de distinguer lesquelles des affirmations suivantes sont mythes ou réalités. Pour notre commentaire sur chacune de ces affirmations, cliquez dessus.
NB - L’information donnée ici est abrégée et nécessairement incomplète. Pour de l’information plus complète, lisez le texte du site.
Mythe 1 : L’investissement passif, consistant dans le choix de placements destinés à suivre plutôt que de battre le marché, est pour les nuls. L’argument en faveur de l’investissement passif (i.e. indiciel) repose sur des théories complexes et irréalistes d’un supposé équilibre dans les marchés financiers. Vrai ou faux?
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Voici la réponse d’un célèbre professeur de finance américain:
«If "active" and "passive" management styles are defined in sensible ways, it must be the case that (1) before costs, the return on the average actively managed dollar will equal the return on the average passively managed dollar and (2) after costs, the return on the average actively managed dollar will be less than the return on the average passively managed dollar. These assertions will hold for any time period. Moreover, they depend only on the laws of addition, subtraction, multiplication and division. Nothing else is required.» (Caractères gras ajoutés ; soulignés dans texte original sous forme d’italiques) Par : William F. Sharpe, article en 1991, lauréat du prix Nobel.
Mythe 2 : Un diplômé d’une école de gestion réputée devrait pouvoir battre un fonds indiciel sur un cycle boursier. Vrai ou faux?
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Voici le commentaire du même professeur de finance américain:
Statements such as these are made with alarming frequency by investment professionals. In some cases, subtle and sophisticated reasoning may be involved. More often (alas), the conclusions can only be justified by assuming that the laws of arithmetic have been suspended for the convenience of those who choose to pursue careers as active managers.>
William F. Sharpe, article en 1991.
Mythe 3 : Oubliez l’investissement autonome. Une intelligence supérieure et des années d’études spécialisées et de pratique sont nécessaires pour espérer pouvoir égaler la moyenne des résultats des experts en placement.
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Notre site vous dirigera vers des livres et autres sources qui vous aideront à décidez si vous avez le profil nécessaire pou être un investisseur autonome.
Ceci dit, voici la réponse d’un autre célèbre professeur de Finance américain :
«There is a crucial difference about playing the game of investing compared to virtually any other activity. Most of us have no chance of being as good as the average in any pursuit where others practice and hone skills for many, many hours. But we can be as good as the average investor in the stock market with no practice at all.»
M. Jeremy Siegel (dans le livre The Bogleheads)
Mythe 4 : Pour le meilleur rendement à long terme de mon portefeuille, l’importance des trois facteurs suivants est dans l’ordre indiqué (allant du plus important i) au moins important iii)). Vrai ou faux?
i) choisir les actions des bonnes compagnies (ou choisir les compagnies oeuvrant dans les bons secteurs de l’économie);
ii) choisir le bon moment pour acheter et pour vendre les actions ; ou
iii) choisir le bon pourcentage de mon portefeuille pour investissement en actions.
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Faux Le facteur iii) est de loin le plus important des trois facteurs dans le rendement d’un portefeuille diversifié.
Mythe 5 : Les frais payés par les canadiens aux gestionnaires de fonds communs de placements (i.e. fonds mutuels) sont parmi les plus bas au monde. Vrai ou faux?
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Faux. Selon une étude récente, les frais de gestion de fonds communs de placement payés par les Canadiens sont non seulement beaucoup plus élevés qu’aux USA, mais seraient les plus élevés au monde.
Mythe 6 : Pour minimiser mes frais je devrais investir en certificats de dépôts et en obligations du gouvernement fédéral directement (i.e. sans courtier ou autre intermédiaire) par l’entremise de la Banque du Canada. Vrai ou faux?
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Faux. Malheureusement, et contrairement aux gouvernements du Québec (pour les certificats de dépôt) et des USA (pour les obligations de ce gouvernement), la Banque du Canada refuse de permettre aux investisseurs autonomes de pouvoir ouvrir un compte avec la Banque et d’acheter directement les émissions de titres du gouvernement du Canada vendues par la Banque.
Mythe 7 : Le meilleur indice de la compétence du gestionnaire de votre fonds commun de placement est le rendement de votre fonds pendant les dernières années.
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Faux, pour plusieurs raisons. En voici deux.
Premièrement, les résultats passés ne sont pas garants de l’avenir, à tel point que les commissions de valeurs mobilières obligent les fonds communs de placement de le dire.
Deuxièmement, Ellis (investisseur, auteur de multiples ouvrages en placement et chargé de cours à Harvard et Yale) insiste que pour juger de la vraie performance d’un gestionnaire, vous devez recevoir des rapports de gestion sur la performance de tous ses fonds, afin de ne pas juger de sa compétence seulement à partir de sa performance pour vous - un échantillon de un.
Mythe 8 : Les actions privilégiées ressemblent plus à un investissement en dette plutôt qu’en actions. Vrai ou faux?
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Vrai, avec explications.
Avec respect pour l’opinion contraire de plusieurs, notre site traite les actions privilégiées non convertibles comme une forme de dette pour fin de placement. La valeur de ces titres, lorsqu’elles sont de haute qualité et non - convertibles, suit l’évolution des taux d’intérêts essentiellement comme des titres de dette. C’est vrai que dans une faillite un détenteur d’actions privilégiées est généralement payé avant les actionnaires ordinaires mais après les détenteurs de dette et en conséquence seraient plus risqué que de la dette émise par le même émetteur. Cependant, la qualité financière relative de deux émetteurs peut très bien faire que les actions privilégiées de l’un sont moins risquées que la dette de l’autre.
Nous croyons que le marché donne peu d’importance aux différences de traitement entre actions privilégiées et titre de dette en cas de faillite pour les émetteurs de bon crédit et donne beaucoup d’importance au traitement fiscal plus avantageux des dividendes reçus hors RÉER comparé à celui de l’intérêt.
Ceci dit, notre site examine en détail si l’investisseur autonome devrait acheter les obligations corporatives et les actions privilégiées.
Mythe 9 : Le niveau des frais de gestion de vos fonds communs de placement (que vous assumez comme détenteur d’unités) n’est pas primordial puisque ces frais permettent de payer des professionnels en placement qui travaillent pour réaliser le meilleur rendement possible pour vous.
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Faux pour plusieurs raisons. En voici deux.
Une partie importante des frais de gestion qui sont chargés aux investisseurs ne sont pas en réalité consacrés à la gestion, mais utilisés par le distributeur pour payer les courtiers chez qui les investisseurs ont acheté et continuent de les détenir. En d’autres mots, ces argents ne sont aucunement consacrés à la gestion.
De plus, selon une étude aux USA citée dans les Bogleheads, de tous les facteurs, le ratio de frais et autres dépenses est le seul facteur fiable pour prédire le rendement futur d’un fonds commun de placement. Dit autrement, une étude de Morningstar au Canada indique que le rendement diminue avec l’augmentation des frais de gestion.
Mythe 10 : La réglementation oblige les distributeurs de fonds communs de placement d’inclure dans leur publicité les résultats complets du même gestionnaire i.e. ne pas seulement montrer les meilleures années ou se limiter aux fonds du gestionnaire qui ont surperformés.
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Faux. Vous voyez rarement de la publicité exposant de piètres résultats.
Mythe 11 : Il est typiquement plus rentable pour l’investisseur autonome d’investir en fonds communs de placement obligataires plutôt que d’investir directement. Vrai ou faux?
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Faux, pour plusieurs raisons. Pour une explication partielle, voici l’analyse du journaliste financier Allentuck :
«Sad to say, data fail to show that this wonderful model of mutual fund convenience and performance works. That’s because fees devastate managers’ performance, leaving only very few funds with returns that are more than what the investor could obtain on his or her own behalf in direct bond purchases or through the use of exchange-traded funds that package well-defined fixed income products in low fee wrappers.»
Mythe 12: Le marché canadien des actions est un des principaux marchés boursiers nord-américains et mondiaux (10%+ du marché USA et 5%+ de tous les marchés d’actions au monde). Vrai ou faux ?
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Faux. Dans le monde, le marché canadien est marginal. Il représente moins de 3% du marché mondial. Et puisque le marché USA à lui seul représente environ 50% de tous les marchés au monde, le marché canadien représente 5 à 6% du marché USA.
Mythe 13 : En transigeant à la bourse directement en ligne je pourrez faire fortune.
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Devinez - puis regardez ce que les autorités USA en disent dans Exposing the myths doc.328.
Mythe 14 : Si vous sauvez 1.0% en frais de placement, combien de plus aurez-vous accumulez à la retraite (après 30 ans) avec un même rendement: 1%, 5%, 10% ou 20% ?
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... 20%. Calculé par M. Paul Bourget, professeur au CEGEP Rosemont de Montréal. Et si vous allongé la période, le poids des frais s’allourdit. Ainsi, en 50 ans, des frais de 1.5% grugeront plus que 50% de votre rendement ; calcul tiré d’un livre de l’ex - analyste financier du courtier Merrill Lynch aux USA, Henry Blodget, 2007.
Mythe 15 : Un bon conseiller financier recommandera que je liquide mes placements en bourse avant la prochaine correction boursière.
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Pas sans manquer entre temps plusieurs périodes de hausses boursières importantes, et au risque de vous faire subir des coûts fiscaux et de transactions importants. Si les corrections boursières étaient prévisibles, tout le monde sortirait d’avance du marché. NB : Cette question et réponse sont tirées d’un livre de l’ex - analyste financier du courtier Merrill Lynch aux USA, Henry Blodget, 2007.
Mythe 16 : C’est peut être vrai que le gestionnaire moyen de FCP ne réussit pas à battre le marché. Mais avec l’aide d’amis, de connaissances d’affaires et de mon gérant de banque j’ai trouvé un super gestionnaire qui réussira sans doute à battre le marché. Plausible ?
Réponse >> Cliquez ici pour lire la réponse... Il est très difficile d’identifier d’avance un gestionnaire sur performant. Les rendements passés ne sont pas garants de l’avenir. Si vous rencontrez des gestionnaires de 100 sociétés de gestion de FCP, vous remarquerez rapidement qu’ils utilisent tous le même jargon, et chacun conclut inévitablement que c’est lui exception à la règle de la moyenne. L’être humain étant optimiste par nature, il est tentant de croire que nous avons trouvé la perle rare. Pour davantage, lire le livre du conseiller financier Mathews, p.87, Myth number 2- «Star Managers can be identified in advance».
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